Coûts élevés, accessibilité défaillante… Un plan a été lancé pour rattraper le retard en matière de services mobiles et numériques. Et ouvrir le marché à de nouveaux opérateurs.

C’est par deux tweets, à la mi-octobre, qu’Idriss Saleh Bachar, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, annonçait deux mesures que les usagers tchadiens de la téléphonie mobile attendaient depuis des lustres : la « portabilité des numéros ».

Ce qui, en français facile, signifie que les abonnés pourront désormais communiquer avec un correspondant branché sur un autre réseau et changer d’opérateur en conservant le même numéro – et l’alignement des prix entre opérateurs.

Forte amende

Après une évaluation dans la foulée, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a infligé une amende de plus de 8 milliards de F CFA (environ 12,2 millions d’euros) aux trois opérateurs de téléphonie mobile : Airtel (filiale de Bharti) et Tigo Tchad (racheté à Millicom par Maroc Telecom en juin 2019), qui se partagent plus de 95 % du marché, et la société publique Salam (filiale de l’opérateur historique Sotel).

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Ces décisions devraient marquer le début de la fin d’un « duopole » en place depuis des années. Malgré les critiques sur la mauvaise qualité et le coût prohibitif de leurs services, pour les appels comme pour internet, les deux principaux opérateurs de téléphonie mobile n’ont jusqu’à présent répondu que fort peu aux plaintes – légitimes – des consommateurs, lesquelles ont été multipliées par dix entre 2014 et 2020, selon le ministère des Télécommunications.

Fibre chinoise

« Après une étude en 2018-2019, nous avons remarqué que s’était installé un duopole qui n’est pas bon pour les consommateurs, explique Idriss Saleh Bachar.

Aussi l’autorité de régulation a-t-elle utilisé des outils qui ont permis d’obtenir une réduction des tarifs. » Mais celle-ci est insuffisante, de l’avis des associations de défense des droits des consommateurs, qui appellent à aligner les coûts sur ceux pratiqués dans la sous-région et, surtout, à améliorer la qualité des services.

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Pour cela, le Tchad doit disposer d’une couverture en fibre optique plus large, son réseau national n’étant encore que de 2 200 km. Avec 7 millions d’abonnés mobiles, le pays a un taux de pénétration de 48 % pour le téléphone et de 5 % pour internet, soit l’un des plus faibles au monde. Un accord a été signé avec le chinois Huawei pour poser 2 300 km de fibre supplémentaire d’ici à la fin de 2021 afin de résoudre une partie des problèmes d’accessibilité et de qualité des services.

Deux appels d’offres infructueux

Ce chantier est l’une des composantes du Plan stratégique de développement du numérique et des postes 2020-2030. Adopté à la mi-juillet, ce programme, doté de 1 452 milliards de F CFA, a pour objectif d’augmenter la contribution des TIC à l’économie nationale pour qu’elles atteignent 10 % à 15 % du PIB.

Dans cette optique, le Tchad est en train de construire avec le géant chinois Huawei un big data center (« centre de données massives »), et l’État compte mobiliser 36 milliards de F CFA sur dix ans afin d’investir dans la recherche et l’innovation.

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Une bonne volonté qui reste soumise à un environnement des affaires pas toujours favorable. En témoigne l’échec des deux publications d’appels d’offres parues depuis 2018 pour la quatrième licence mobile, qui n’a toujours pas trouvé de nouvel opérateur.

Tchadanthropus-tribune avec Jeune Afrique.com

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