Le diplomate tchadien Moussa Faki Mahamat est candidat à un second mandat à la tête de la Commission de l’Union africaine. Son mandat qui lui a été confié le 17 janvier 2017 arrive à terme.

En quatre ans, Moussa Maki Mahamat a exercé ses fonctions sous les leaderships des présidents Alpha Condé de la Guinée, Paul Kagamé du Rwanda, Abdel Fattah el Sissi de l’Égypte et de Cyril Ramaphosa d’Afrique du Sud.

Dans le contexte de sa candidature, l’ex-chef de la diplomatie tchadienne estime que “le monde s’est profondément complexifié et ses perspectives largement obscurcies”. Il cite notamment la pandémie de la Covid-19, la contraction des ressources, la multiplication des périls globaux, les égoïsmes nationaux et le déclin du multilatéralisme ont entravé notre marche.

Moussa Faki Mahamat déplore également le relâchement des chaines de solidarité, l’affaissement des valeurs humanistes de générosité, de respect de l’autre, le recul de la spiritualité et la prégnance des considérations matérielles et mercantiles qui ont “aggravé les difficultés objectives de l’existence en Afrique, comme dans le reste du monde”.

L’Afrique, un continent très jeune

De l’avis du diplomate, l’Afrique est un continent très jeune, et sa croissance démographique est prodigieuse :

“La jeunesse africaine y représente 60% de la population. Toute démarche en faveur de l’Afrique doit s’ancrer sur cette donnée cardinale. Les jeunes africains sont saisis d’un vrai « mal du siècle », celui des incertitudes du lendemain quant à leur emploi et du faible contenu des politiques d’alternance intergénérationnelle.”

S’agissant des femmes africaines, Moussa Faki relève qu’elles “font partout l’objet d’une effarante inflation de discours incantatoires”.

S’il y a des acquis au plan continental, les défis sont nombreux. Moussa Faki énumère des préoccupations relatives à la gouvernance démocratique et économique. La corruption, la gabegie, la concussion, la fragilité des États et des facteurs de conflits tels que la violence électorale, les changements anticonstitutionnels de gouvernement et le prolongement de la durée des mandats présidentiels ont continué à alimenter les débats au sein des opinions africaines.

Le diplomate entend appuyer sa vision sur “une lecture sans complaisance de (son) expérience” et de son ‘constant effort de loyauté”. Il évoque des entraves qui limitent l’action de la Commission de l’UA : “la structure juridique et politique manque de flexibilité pour accorder des marges d’action suffisantes à la Commission et encore moins à son Président” ; “la modestie des moyens et ressources”.

Quelles priorités pour Moussa Faki ?

Le programme de l’actuel président de la Commission de l’UA comprend huit priorités : parachever la réforme institutionnelle et renforcer le leadership de la Commission ; renforcer la responsabilité redditionnelle en matière administrative et financière ; « Faire taire les armes » à l’échelle du Continent ; conduire à bon port certains projets intégrateurs ; faire reculer la pauvreté, se battre pour l’autosuffisance alimentaire, la résilience, à travers un nouvel essor de l’agriculture et de l’économie bleue, la protection de l’environnement.

Moussa Faki entend également opérationnaliser les politiques en faveur des jeunes et des femmes ; impulser la pensée africaine sur les déterminants patents des crises ; et ressourcer nos partenariats stratégiques.

Le prochain sommet de l’Union africaine est prévu les 6 et 7 février 2021.

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