Entendus sous un protocole particulier, les généraux Abdel Fatah al-Burhan et Mohamed Hamdan Dagalo dit “Hemeti”, tous deux membres du conseil militaire de transition, seront interrogés sur la chaîne de responsabilité qui a abouti au massacre de juin 2019, dans lequel 127 personnes sont mortes.

Après de multiples reports, le président du conseil de souveraineté (CST) Abdel Fatah al-Burhan devait enfin être entendu par la commission d’enquête sur le “massacre de Khartoum” cette semaine. Cette instance désignée par le premier ministre soudanais Abdallah Hamdok, présidée par l’avocat Nabil Adib et comprenant trois avocats, deux représentants du procureur général ainsi qu’un représentant de la police et un de l’armée, a pour mission de faire la lumière sur le démantèlement d’un sit-in par l’armée, le 3 juin 2019, durant lequel 127 personnes ont trouvé la mort.

La commission a gardé les deux auditions les plus épineuses pour la fin. Le 21 avril, elle a déjà entendu le vice-président du CST Mohamed Hamdan Dagalo dit “Hemeti“. Depuis décembre dernier, la commission entend les militaires du CST, l’organe exécutif de la transition au Soudan.

Auditions potentiellement explosives

Au moment du massacre, Hemeti et Burhan étaient respectivement vice-président et président du conseil militaire de transition – remplacé par le CST en août 2019.

Signe du caractère embarrassant et potentiellement explosif de ces auditions, Nabil Adib et le reste des membres de la commission entretiennent le flou autour du statut des militaires auditionnés. Ils ne sont ni accusés, ni suspects, ni témoins : ils sont seulement “convoqués”.

Les audiences font suite à une première étape de l’enquête, entre décembre 2019 et août 2020, durant laquelle la commission a recueilli environ 3 500 témoignages.

L’Union africaine refuse de se mouiller

Une fois Burhan entendu, une dernière étape consistera à faire analyser l’ensemble des images, vidéos, écrits et autres enregistrements collectés. Mais aussi à autopsier les corps des victimes, dont certains restent à être identifiés comme telles. Pour procéder à ce travail, les responsables de l’enquête avaient, dans leur mandat, la possibilité de faire appel à des experts de l’Union africaine (UA). Ils ont choisi cette option afin de garantir à la fois la qualité technique de ce processus et qu’il soit effectué en toute indépendance.

Problème : l’Union africaine a refusé, en janvier, d’envoyer ses propres équipes. Le premier ministre Abdallah Hamdok a alors entamé des discussions avec plusieurs organisations régionales et pays étrangers qui ont tous décliné, principalement pour des raisons d’ordre politique. Un seul État semble, lui, prêt à collaborer avec l’équipe de Nabil Adib. Selon nos informations, il pourrait s’agir des États-Unis.

L’analyse des preuves devrait demander deux à trois mois supplémentaires. Dans un dernier temps, la commission retiendra et formulera des charges. Malgré les ralentissements dus à la pandémie de Covid-19, au manque de moyens financiers, d’équipements, d’espaces de travail et de personnel, la commission espère rendre ses conclusions avant la fin de l’année.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent.

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