Au Tchad, c’est une journée sous haute tension qui s’annonce. La coordination citoyenne Wakit Tama appelle à des marches dans tout le pays ce samedi 8 mai, pour protester contre les autorités de transition instaurées après la mort d’Idriss Déby, il y a presque trois semaines. Le Conseil militaire de transition, dirigé par le général Mahamat Idriss Déby, fils de l’ancien président, et le gouvernement qu’il a nommé par décret. Le gouvernement a expliqué vendredi que les manifestations étaient autorisées sous certaines conditions, des conditions rendant de facto illégale toute manifestation ce samedi.

« Nous ne nous opposerons pas à la marche pour montrer notre bonne volonté. » L’épilogue de ce poker politique est tombé hier dans la soirée, par la voix du porte-parole du gouvernement. Mais Abdraman Koulamallah prévient : « si la marche déborde, les récalcitrants auront en face d’eux les forces de l’ordre. »

Pour montrer la bonne volonté du gouvernement, nous ne nous opposerons pas à la marche. Le gouvernement n’a qu’une seule préoccupation : apaiser le climat politique, social. Je peux vous affirmer de manière ferme et définitive que la marche aura lieu. Elle sera encadrée. Mais nous disons clairement les choses : il faut que la manifestation ne déborde pas. Si la marche déborde, les récalcitrants auront en face d’eux les forces de l’ordre… 

Le porte-parole du gouvernement Abderaman Koulamallah confirme que la marche sera exceptionnellement autorisée, mais il met en garde contre tout débordement.

Quelques heures plus tôt, le ministère de la Sécurité indiquait autoriser les manifestations à condition que le parcours ait été annoncé, qu’elles soient encadrées, et qu’une demande ait été déposée cinq jours à l’avance. Un geste d’ouverture apparent, mais qui interdisait de fait la marche d’aujourd’hui, cette ultime condition étant impossible à remplir.

Le mouvement Wakit Tama, dénonçant une décision « illégale » prise par des autorités « illégales », avait dans la foulée décidée de maintenir sa marche. La coalition citoyenne contestant justement la légitimé des autorités de transition, tout comme elle conteste le soutien que leur apportent de nombreux pays, à commencer par la France.

La marche est maintenue. C’est un droit déjà pour en tant que citoyens qui ne reconnaissons pas le Conseil militaire de transition qui est mis sur pied, et en tant que cytoens qui dénonçons aussi le soutien de la France…

Alain Kemba Didah dirige le mouvement citoyen le Temps, il est l’un des responsables de la coordination Wakit Tama

Finalement, les manifestations sont donc interdites, mais tolérées, de manière exceptionnelle. Manque de coordination ? Rétropédalage de dernière minute ?

La répression des manifestations du 27 avril avait fait 15 morts selon la société civile, 6 selon les autorités, et plus de 700 arrestations. Et avait suscité la condamnation unanime de la communauté internationale. Le mouvement Wakit Tama appelle les Tchadiens à manifester massivement et pacifiquement. L’enjeu, pour les deux camps, sera de ne pas faire le premier faux-pas.

 

Tchadanthropus-tribune avec RFI

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