Le Nigeria veut s’impliquer sur la réconciliation au Tchad afin de stabiliser un pays ayant beaucoup fait contre Boko Haram par le passé, à la place de sa propre armée.

L’envoyé spécial pour le Tchad et le bassin du lac Tchad du président nigérian Muhammadu BuhariBabagana Kingibe, continue de se démener en coulisse pour tenter d’obtenir des résultats sur le processus de réconciliation politique à N’Djamena. Il s’est déjà rendu à trois reprises au Tchad afin de rencontrer le maître du pays depuis la mort du maréchal Idriss Déby en avril, son fils Mahamat Déby dit “Kaka“. Son prochain séjour devrait avoir lieu dans les prochains jours. Il est aisé pour l’envoyé spécial de travailler au Tchad, étant lui-même parfaitement francophone et originaire de l’État frontalier de Borno. Lors de son premier entretien avec Kaka, le patron de l’Agence nationale de sécurité (ANS) tchadienne Ahmed Kogri a été désigné à Kingibe comme point focal.

Le Nigeria veut jouer un rôle dans la réconciliation nationale entre les différentes factions du conflit. Buhari a tout intérêt à soutenir Kaka dans son effort de stabilisation ; une nouvelle crise à la frontière dans l’Etat de Borno, berceau de Boko Haram, serait très néfaste pour la sécurité de son pays. Or l’armée tchadienne est depuis plusieurs années en première ligne contre le groupe djihadiste, palliant les carences de l’armée nigériane. Cependant, le président nigérian est formellement opposé à tout maintien de Kaka au pouvoir au-delà des dix-huit mois de la transition qui s’achèveront à la fin 2022. A la fin mai, Buhari avait convoqué à Abuja une réunion extraordinaire de la Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) sur la situation au Tchad. La CBLT est dirigée depuis 2018 par l’ambassadeur nigérian Mamman Nuhu, également subtilement utilisé par Abuja dans le cadre de sa médiation encore relativement souterraine.

Outre le Nigeria, d’autres Etats sont également impliqués pour tenter de faire réussir la transition tchadienne, c’est le cas notamment du Togo.

Pourquoi s’appuyer sur Kingibe ?

Buhari n’a pas choisi Kingibe par hasard pour cette mission hautement sensible. Les deux hommes se connaissent depuis plus de quarante ans. Diplomate de carrière, Kingibe avait été envoyé comme ambassadeur au Pakistan lorsque Buhari était encore président militaire entre 1983 et 1985. C’est cependant l’ancien directeur de cabinet de Buhari, Abba Kyari (également de l’Etat de Borno, décédé en avril 2020 du Covid-19) qui a rapproché pour de bon les deux hommes. A 76 ans, Kingibe a derrière lui une riche carrière : il a rejoint le ministère des affaires étrangères en 1972 avant d’en devenir le ministre en 1993, à l’arrivée au pouvoir du président Sani Abatcha (originaire lui aussi de Borno). Il fut ensuite successivement ministre des Affaires intérieures puis de l’énergie et des mines, jusqu’en 1998.

Il a ensuite obtenu le poste le plus important de la fonction publique entre 2007 et 2008 en devenant secrétaire du gouvernement de la fédération lors de la présidence d’Umaru Yar’Adua. Ce dernier était le fils d’un des compagnons de route de Buhari, le chef de l’armée et numéro deux du régime militaire de 1976 à 1979, Shehu Musa Yar’Adua, originaire du même État que Buhari, celui de Katsina.

Tchadanthropus-tribune avec la Lettre du Continent

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