Après la levée des mesures suspendant les activités des partis politiques ayant appelé à la manifestation du 20 octobre, les militants du parti Les Transformateurs espèrent revoir au pays leur leader, Masra Succès, en exil. Que risque-t-il s’il rentrait ?

 

Le portail est solidement verrouillé à l’aide d’une chaîne. Pas de signe de vie à l’intérieur. Des bouts de papier soulevés par le vent rappellent que le lieu est déserté.  Seule, la vendeuse des beignets en face du siège est restée fidèle au lieu. « Le siège est fermé depuis un bon moment », nous dit un de ses clients avec méfiance. « Après les événements du 20 octobre », précise un autre.

 

A cette date, une manifestation contre la prolongation de la transition de deux ans a éclaté dans plusieurs villes du pays. En première ligne, les militants du parti Les Transformateurs. Les forces de l’ordre interviennent avec dureté et font une cinquantaine de morts, officiellement. Plus de 600 personnes ont été interpellées, rapportent les autorités judiciaires.

 

En guise de sanction au non-respect de l’interdiction de la marche, le gouvernement de Saleh Kebzabo a suspendu les sept partis (Les Transformateurs, Les Démocrates, Les Patriotes et autres…) ayant appelé à cette manifestation. Motif, trouble à l’ordre public et à la sécurité de nature à porter atteinte à la sureté de l’État et aux institutions de la République. Cette punition de trois mois actée par le ministère de l’Administration force les militants de ces partis à se mettre en pause.

Le 20 janvier, les autorités appellent ces derniers à reprendre leurs activités dans le respect de la législation en vigueur. Au lendemain de la levée de la décision, sur les sept partis suspendus, trois ont ouvert leurs portes. Mais pas Les Transformateurs. Son président, en exil aux États-Unis, qualifie la décision gouvernementale de « non évènement ».

 

« Nous n’avons pas besoin d’un mur pour être Transformateur. Être Transformateur, c’est un état d’esprit », clame un membre de l’état-major du parti. « Ce qui compte pour nous, c’est le retour de nos leaders, la justice pour nos camarades, la justice et l’égalité pour les Tchadiens », nous rétorque-t-il d’une voix ferme.

 

Ici dans le 7e arrondissement, quartier général du parti Les Transformateurs, le retour du président du parti, Masra Succès s’invite de plus en plus dans les débats depuis la levée des suspensions. « Il faut qu’il rentre, nous avons besoin de lui ». Une phrase que chuchotent les militants. « Il n’est pas en exil, il est parti porter notre voix et il va revenir bientôt », ajoute-il. Derrière cette envie, plane une crainte : celle de voir Masra Succès inculpé par la Justice. « Aucun mandat n’a été émis contre lui suite à la suite de la manifestation du 20 octobre. Mais il vous souviendra que Masra Succès doit répondre à une convocation en attente chez le procureur de la République. Une fois au pays, il est possible qu’on remette cette affaire sur la table », nous confie un militant.

 

Selon une source judiciaire, le président des Transformateurs risque des poursuites judiciaires une fois au pays. « Les infractions du 20 octobre ne sont pas encore proscrites. Il faut trois ans pour les délits et dix ans pour les crimes et ça fait seulement trois mois que le président des Transformateurs a trouvé refuge au pays de l’oncle Sam », explique la source judiciaire. « il y a une instruction en cours, rien n’empêche le juge d’instruction de l’écouter pour connaître son degré d’implication ».

 

Du côté du gouvernement, on déclare que personne n’a interdit au président des Transformateurs et les autres de revenir au pays.

Le Tchadanthropus-tribune avec Tchadinfo

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